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Episode 9: Le pouvoir du foot (Soccer Power)

By Duolingo on Tue 11 February 2020
Photo by Paul Barlet

Ever since France won the World Cup in 1998, Marine Rome yearned to play soccer, but felt excluded from the field. When she finally found her dream team in Paris, they decided to take a stand for inclusion at the 2019 World Cup.

How to Listen

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Transcript

Ngofeen: In 1998, the World Cup Final featured the French soccer team—affectionately known as “Les Bleus”—facing off against the world champions—Brazil. Marine Rome was 11 years old. But she remembers it as if it were yesterday.

Marine: J’ai regardé le match à la maison avec ma famille. J’étais dans le salon avec mes parents, des amis de mes parents, des voisins. Normalement, ils ne sont pas très fans de foot. Mais là, tout le monde adorait ça !

Ngofeen: The French team boasted a diverse roster of players. In 1998, 11 men from different ethnic backgrounds and religions united in one common goal: winning the World Cup. Eighteen minutes before half-time, la mi-temps, midfielder Emmanuel Petit kicked a corner shot. Zinedine Zidane, France's playmaker, jumped to hit the ball with his head. Zidane had scored the first goal. He had marqué un but.

Marine: Je me souviens du premier but de Zidane. Il a marqué avec la tête. C’était incroyable ! Juste avant la mi-temps, il a marqué un deuxième but. À chaque but, je courais et je sautais partout dans le salon. Après la victoire, les joueurs sont devenus des héros. Tout le pays était avec eux.

Ngofeen: For Marine, a lifelong passion for soccer—or, as the French call it, le foot—was born. But as she started playing, she realized something. She felt like the ideal of a France united behind its multi-ethnic team didn’t include people like her. Soccer could be a great uniter—unless you were a girl.

Marine: Pour les filles, ce n’était pas très facile de jouer au foot. Il n’y avait pas beaucoup d’équipes, et pas beaucoup d’endroits où on pouvait jouer. À treize ans, j’ai dû choisir : jouer avec des garçons plus jeunes, ou avec des femmes adultes. J’ai vite compris que dans le foot, il n’y avait pas de place pour quelqu’un comme moi. Mais je voulais que ça change.

Ngofeen: Bienvenue and welcome to the Duolingo French Podcast—I’m your host, Ngofeen Mputubwele. Every episode, we bring you fascinating true stories to help you improve your French listening and gain new perspectives on the world.

The storyteller will be using intermediate French, and I’ll be chiming in for context in English. If you miss something, you can always skip back and listen again. We also offer full transcripts at podcast.duolingo.com.

Ngofeen: After that World Cup victory, Marine divided her life between school and soccer. When she wasn’t in class, she trained three times a week with an elite women’s soccer team. Yet somehow, both on and off the field, she never quite felt like she belonged.

Marine: À l’école, je n’avais pas beaucoup d’amis. J’étais différente des autres. Et au foot, il n’y avait pas d’équipe pour les filles de mon âge, donc je jouais avec des femmes beaucoup plus âgées. L’entraîneur ne me laissait pas beaucoup jouer. Je restais souvent assise sur le banc de touche.

Ngofeen: Sitting on the banc de touche—the bench on the sidelines—Marine would watch as the more experienced players got called to the field to play. Over and over. She hated the clique-y, hierarchical spirit on the team.

Marine: Après l’entraînement, certaines des meilleures joueuses ne me parlaient même pas. Elles m’ignoraient complètement. Je sentais que je n’avais pas vraiment ma place.

Ngofeen: There was another reason Marine felt out of place in her teens: she was a lesbian, but she wasn’t fully out. After high school, she came out little by little, made new friends, and set soccer aside for a while—but she always missed it. When she turned 24, she moved to Paris, and started looking for a club to play with again.

Marine: Je cherchais une équipe. Je voulais jouer pour le plaisir, sans compétition. Je voulais une équipe inclusive, pour jouer, mais aussi pour être moi-même. Alors, j’ai entendu parler des Dégommeuses.

Ngofeen: Marine heard about a woman’s LGBTQ team called “Les Dégommeuses.” They play soccer, but they also organize and participate in political events. This was exactly what Marine was looking for. So in 2013, she met up with the team’s founder, Cécile, at a march for equal rights in Paris.

Marine: Je marchais dans la manifestation. On portait des pancartes pour l’égalité des droits. Il y avait une super ambiance. J’ai marché avec Cécile. Je savais qu’elle avait créé une équipe de foot inclusive. Tout de suite, j’ai voulu jouer dans cette équipe.

Ngofeen: At her first practice with les Dégommeuses, Marine knew that she’d found her people. She loved the team, but most of all, she loved the fun, collaborative spirit she witnessed on the field.

Marine: Pour la première fois, je voyais une équipe avec des joueuses de toutes origines, et de tous âges. Sur le terrain, je les voyais rire, s’aider, s’encourager. Je me suis sentie à ma place.

Ngofeen: Marine immediately signed up to join them. She translates “Les Dégommeuses” as “The Ass-Kickers.”

Marine: Comment décrire les Dégommeuses ? Pour nous, le plus important n’est pas la compétition. Ce n’est pas de gagner des matchs. Non, le plus important, c’est que tout le monde peut jouer. Et surtout, tout le monde doit pouvoir être soi-même, sans se cacher.

Ngofeen: What most appealed to Marine was that her new teammates had bodies of all shapes and sizes. Old, young, athletic, heavyweight, short, tall, and they didn’t fit the traditional stereotypes of femininity. Many of them identify as lesbian or non-binary and players like them aren’t visible in French football.

Marine: Dans le monde du foot, c’est comme si les filles comme nous n’existaient pas. Nous sommes invisibles. La Fédération Française de Football préfère montrer les joueuses qui ont un mari, des enfants, un style féminin. Il y a des joueuses lesbiennes, mais elles ne peuvent pas le dire ouvertement.

Ngofeen: In France, women’s soccer was banned until 1970. At the time, the sport was considered too masculine to be socially acceptable for women to play. Today, women and girls can play soccer freely, like the Dégommeuses do, but it can be challenging.

Marine: Parfois, des joueurs se moquent de nous pendant nos entraînements. Et souvent, ils commencent à jouer sur notre terrain, même si nous n’avons pas encore fini. Comme si on n’était pas là. Comme si on était invisibles.

Ngofeen: One of her teammates once told Marine about a time les Dégommeuses were harassed by a bunch of teenagers from a neighboring building.

Marine: Un soir, un groupe de garçons, des adolescents, nous regardaient jouer. Ils étaient dans un immeuble à côté du terrain.

Ngofeen: The building was just above the soccer field les Dégommeuses were using, and the boys had climbed to the seventh floor and opened a window. They grabbed some water bottles.

Marine: Ils ont commencé à jeter des bouteilles d’eau sur nos joueuses. Et en même temps, ils criaient des insultes sexistes. Pour l’équipe, c’était vraiment horrible. Et à ce moment-là, on ne pouvait rien faire.

Ngofeen: But Marine, Cécile and the team want to take action. They believe that soccer is the best way to foster community and solidarity. So the team partners with a non-profit that helps lesbian and trans women refugees build a new life in France.

Marine: Quand ces femmes réfugiées arrivent en France, l’association leur dit : « Si vous voulez jouer au foot, venez jouer avec les Dégommeuses. » Souvent, elles viennent et nous jouons ensemble.

Ngofeen: At any given time, about a dozen LGBTQ asylum seekers, from countries like Morocco, Mali or Chechnya, play with les Dégommeuses. The team tries to remove all the physical and material barriers that might normally limit access to the sport.

Marine: Si c’est difficile pour elles de venir au stade, on paie leurs tickets de métro. Si elles n’ont pas de chaussures de foot, on peut en trouver. Pour nous, c’est important de s’aider, de partager notre passion. C’est ce que j’aime. Les Dégommeuses, c’est beaucoup plus que du foot.

Ngofeen: After every practice, the team has a tradition—Marine’s favorite part of the day. They go for beers at the bistro across the street, Le Café des Sports.

Marine: Le patron du café est gentil. On a un arrangement avec lui : on vient boire des bières, et il nous donne des frites gratuites. On y va en groupe. On raconte des blagues, on rit, on partage nos histoires.

Ngofeen: One of the players, called Marco, joined the team in 2018 after moving to France from Chechnya. In Marco’s home country, being gay could mean a prison sentence, or even death. For her, that weekly get-together at the Café des Sports became the key to a new start in France.

Marine: Au début, quand Marco est arrivée, elle ne parlait pas français. Mais elle venait à tous les entraînements. Et après, elle venait toujours au café avec nous. Progressivement, Marco a commencé à parler français.

Ngofeen: As she listened to Marine and the other players laugh and banter, Marco’s French started to improve.

Marine: Elle nous a dit que pour elle, les Dégommeuses sont comme sa famille, parce qu’elle n’a pas de famille. Maintenant, elle comprend presque tout ! Avec l’aide des Dégommeuses, Marco a même trouvé du travail en France. Fred, une autre joueuse, lui a trouvé un emploi dans son entreprise de construction.

Ngofeen: To Marco, Marine and many of their teammates, Les Dégommeuses has become more than just a team.

Marine: Chez les Dégommeuses, la solidarité n’existe pas seulement dans le foot. C’est aussi, par exemple : aider une joueuse à trouver du travail, à faire une demande à la banque, ou lui proposer un endroit où dormir. Mais attention, ce ne sont pas toujours les mêmes qui donnent, et les mêmes qui reçoivent. Tout le monde partage.

Ngofeen: Meanwhile, Marine was starting to notice a women’s soccer team from across the Atlantic. But this team had a very different style.

Marine: L’équipe américaine est très différente de l’équipe française. Dans l’équipe, cinq joueuses sont ouvertement lesbiennes, même la capitaine, Megan Rapinoe. Dans l’équipe française, une seule joueuse a fait son coming-out : Marinette Pichon. Et seulement après son départ de l’équipe.

Ngofeen: The first time Marine saw Megan Rapinoe play, she was awe-struck. She called her “hyper canon”—that’s “super hot” in French slang.

Marine: Je vois cette joueuse lesbienne, intelligente, courageuse, hyper canon. En plus, quand elle joue, elle est incroyable ! C’est une grande inspiration pour moi. J’aimerais voir plus de joueuses comme elle en France.

Ngofeen: Megan Rapinoe and the US team gradually became Marine’s new soccer idols. The posters of French players teenage Marine once had in her bedroom… gave way to a photo of Rapinoe spreading her arms triumphantly across Marine’s Twitter page header. Whenever the US women’s soccer team faced off against France, Marine was torn.

Marine: Bien sûr, je voulais soutenir mon pays. J’aime l’équipe de France. Ce sont de très bonnes joueuses. Mais je suis fan de l’équipe américaine ! Les joueuses n’ont pas peur, elles se montrent comme elles sont. Toutes sortes de femmes sont représentées : lesbiennes, hétéros, masculines, féminines, blanches, noires… Elles forment une équipe, comme les Dégommeuses.

Ngofeen: And then it came time for the Women’s World Cup. A little over two decades since that French victory that started it all for Marine, she was excited to watch the best women’s teams in the world face off in France, and cheer on so many strong, out female players.

Marine: On a réfléchi ensemble. On voulait faire une action forte pour le match d’ouverture. Quelque chose de très visible, pour avoir de l’impact, et un grand retentissement.

Ngofeen: They wanted to make a resounding splash, so they set out to do something daring. During World Cup games, flags aren’t normally allowed in stadiums. Especially the rainbow flag—le drapeau arc-en-ciel. But les Dégommeuses had a plan. They bought big swathes of fabric—des bandes de tissu.

Marine: Nous avons acheté de grandes bandes de tissu, de six couleurs différentes. Toutes les couleurs de l’arc-en-ciel. Douze bandes au total. Ensemble, les bandes de tissus formaient un grand arc-en-ciel de six mètres sur cinq. Puis, nous avons acheté 50 billets pour le match d’ouverture de la Coupe du Monde.

Ngofeen: The day of the opening game, France played South Korea. Fifty Dégommeuses showed up all together, in their green uniforms. The stadium was packed. They were thrilled—and quite a bit nervous. They had to face a guard—le vigile—as he inspected their backpacks—leurs sacs à dos.

Marine: Chaque joueuse a pris une bande de tissu. Cécile, Marco, moi… Douze Dégommeuses en tout. Nous sommes entrées dans le stade séparément. Ces bandes ne ressemblaient pas à un drapeau, alors si un vigile regardait dans nos sacs, il ne nous arrêterait pas pour ça.

Ngofeen: Marine, one of the ringleaders, was worried. What would happen if security stopped them? Would they get kicked out?

Marine: Il y avait un peu de stress. Je ne voulais pas qu’il y ait de problèmes. On voulait toutes entrer, pour regarder le match ensemble.

Ngofeen: Once the 12 pieces of cloth were successfully smuggled into the stadium, les Dégommeuses picked their seats carefully. They secured a block of 50 seats, and the players carrying the cloth sat on the top row.

Marine: On voulait montrer les tissus au bon moment, quand tout le monde pourrait les voir. On a choisi de le faire juste après les hymnes nationaux, quand toutes les caméras filment le stade.

Ngofeen: Right after France finished singing its anthem, la Marseillaise, right when players from both teams were shaking hands… Marine shouted “Go!”. Les Dégommeuses sitting at the top row rolled out the 12 strips of cloth, and the players at the bottom caught them. The rainbow flag soared above their heads.

Marine: Nous avions les bandes de tissu au-dessus de nos têtes. En dessous, on ne voyait rien, seulement la couleur. Rouge, orange, jaune, vert, bleu ou violet… Mais pour les spectateurs, les bandes de tissu formaient un énorme drapeau arc-en-ciel ! C’était un moment collectif très fort.

Ngofeen: Marine held her breath, waiting for a security guard to call them out. Miraculously, it never happened! Les Dégommeuses held the giant rainbow flag above their heads for a full five minutes. You could see it from all around the stadium—Le Parc des Princes. A bold statement of pride in one of the biggest stadiums in France.

Marine: Avec cette action, nous n’étions plus invisibles. Des milliers de supporters nous ont vues au Parc des Princes. Mais aussi à la télévision, dans les journaux. Et sur Instagram, Twitter et Facebook… Nous étions fières de représenter la diversité dans le sport.

Ngofeen: Les Dégommeuses weren’t sure what the reaction would be, but after a while, they noticed people around them clapping, and even some cheering. People tweeted photos of them from around the stadium or posted them on Instagram. After the game, some people even came up to congratulate them.

Marine: C’était une ambiance très positive. Les personnes responsables dans le foot féminin ont toujours peur de ce que le « public » pense. Mais le public est prêt à évoluer. Il est déjà plus ouvert, plus tolérant, surtout dans le foot féminin. On est tous là parce qu’on aime le sport. On aime le foot.

Ngofeen: For Marine, moments like this make her want to work even harder to promote an open and inclusive mind-set in sports. Watching French people cheer on the openly gay players on the US team—even wearing Megan Rapinoe’s sports jersey—it made Marine realize how much things had changed in 20 years.

Marine: J’ai vu des garçons porter le maillot de Megan Rapinoe. Quand j’étais jeune, il n’y avait pas de stars du football féminin. Pour une petite fille comme moi, les seules stars étaient les joueurs comme Zinedine Zidane. Les choses commencent à changer, cette Coupe du Monde me l’a montré. Et ça me donne de l’espoir !

Ngofeen: Les Dégommeuses continue to promote visibility and inclusion of gay, lesbian and trans players by organizing annual “Foot for Freedom” tournaments around France.

An exhibit featuring a selection of posters from their “Footballeuses” series is currently on tour in museums across the US. You can also check them out on their website, www.lesdegommeuses.org.

Ngofeen: This story was produced by Lorena Galliot.

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Credits

This episode includes recordings from shall555, kristouf and Stéphan Balay under the Creative Commons Attribution License.

This episode was produced by Duolingo and Adonde Media.

Protagonist & Narrator: Marine Rome
Producer: Lorena Galliot
Managing Editor: Natacha Ruck
Sound Designer: Martine Chaussard
Mixing & Mastering Engineer: Luis Gil
Storyhunter & Assistant Editor: Camille Lindbom
Executive Producer: Martina Castro