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Episode 51: La reine du codage (The Coding Queen)

By Duolingo on Tue 14 Sep 2021

Growing up in Madagascar, one of the poorest countries in the world, Matina Razafimahefa was upset that the majority of kids didn't have the same access to education as she did. So at 19, she took action…and launched a one-of-a-kind coding school.

How to Listen

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Ngofeen: It was November 2017 and 19-year-old Matina Razafimahefa was in her second year of university in Paris. Though she was studying in France, Matina is actually Malagasy, or Malgache, which is what people from the island of Madagascar are called. And all her life, Matina had always loved school.

Matina: J’adorais aller à l’école, et j’adorais apprendre. Je suis Malgache. Je suis allée en primaire à l’école à Madagascar jusqu'à mes dix ans, et ensuite, je suis allée au collège, puis au lycée, à Nantes, en France. Maintenant, j’étais à la Sorbonne, et ma deuxième année se passait bien.

Ngofeen: But Matina had a problem. She wasn’t just a student. She was also a budding entrepreneur. And she had her own personal business project: creating the first-ever online coding school in Madagascar. It was her dream to help young Malagasy students find jobs in tech.

Matina: Tous les soirs, après les cours, je travaillais sur mon projet. Pendant les vacances aussi. Ça me prenait énormément de temps… Je faisais même des petits boulots à côté pour économiser de l’argent. Ce projet, c’était ma vie.

Ngofeen: But over time, Matina became overwhelmed by the workload. So one night, in her bedroom in Paris, Matina set aside her homework. She realized she had a decision to make. Either she had to put her dream of building a school on hold, or she had to drop out of the prestigious university she’d worked so hard to get into.

Matina: Je devais choisir entre créer mon projet et rester à l’université. C’était une décision difficile. J’avais très envie de réaliser mon rêve d’ouvrir une école, mais j’avais seulement 19 ans. Et puis, arrêter l’université, c’était prendre un grand risque. Pourtant, je devais faire un choix.

Ngofeen: Bienvenue and welcome to the Duolingo French Podcast. I’m Ngofeen Mputubwele. Every episode, we bring you fascinating true stories to help you improve your French listening and gain new perspectives on the world.

The storyteller will be using intermediate French, and I’ll be chiming in for context in English. If you miss something, you can always skip back and listen again. We also offer full transcripts at

Ngofeen: Matina was born in 1998 in the West African country Ivory Coast. But her parents moved back to their home country, Madagascar, when she was two. Madagascar is an island off the coast of East Africa, about twice the size of California. It’s a former French colony, but it gained its independence in 1960. French is still an official language there, and Matina attended a private French school.

Matina: Mon père est médecin et ma mère est consultante en informatique. Pour eux, l’école, c’était très important. Ils voulaient m’offrir la meilleure éducation possible. Et j’adorais apprendre. Alors, mes parents m’ont envoyée dans une école privée. C’était une grande chance.

Ngofeen: French private schools in Madagascar were expensive, and could only be afforded by wealthier families, like Matina's.

Matina: Les parents de mes amis étaient professeurs, ambassadeurs ou entrepreneurs… Je ne voyais pas trop ce qui se passait à l’extérieur de ce cercle de gens.

Ngofeen: Matina lived a sheltered childhood. But one morning, she saw something that changed her life forever. Matina was in her mother’s car on her way to school, and she looked through the car window. On the side of the road, she noticed a group of children her age. They were dressed in rags…begging.

Matina: J’ai demandé à ma mère : « Pourquoi ces enfants ne sont-ils pas habillés comme moi ? Et pourquoi ne sont-ils pas à l'école ? » Ma mère m’a répondu : « Leurs parents sont pauvres et ne peuvent pas les envoyer à l’école. Alors les enfants demandent un peu d’argent aux gens dans la rue. »

Ngofeen: Matina was only a young child, but she knew something was wrong. Why didn’t those children have the same clothes as she did? Why couldn’t they go to school the way she did? It made her confused and upset.

Matina: Ça me rendait très triste pour eux, parce que moi, j’adorais l’école. Alors ce jour-là, je me suis demandée : « Pourquoi ces enfants ne peuvent-ils pas avoir la même chose que moi ? Comment est-ce que je pourrais les aider ? »

Ngofeen: Madagascar is the tenth poorest country in the world, and access to education is terribly unequal. Even public schools have fees that make them inaccessible to many lower-income families. According to UNICEF, 20% of children in Madagascar are never sent to school. Some NGOs place that figure even higher.

Matina: À Madagascar, beaucoup d’enfants ne vont pas à l’école parce que les écoles privées sont trop chères, et les écoles publiques sont payantes aussi.

Ngofeen: When Matina turned 11, her parents packed up the whole family and moved to Nantes, in France. Matina initially attended a private middle school. But when she turned 15, she enrolled in the local public high school. Matina had gone to private schools since she was a kid. So for her, going to public school was a new experience.

Matina: Pour la première fois de ma vie, j’ai découvert l’école publique et gratuite. Dans ma classe, il y avait des élèves de tous les milieux sociaux et pas seulement des enfants de familles riches. Les cours et les professeurs étaient super, et à la fin du lycée, tout le monde pouvait avoir un diplôme. J’ai trouvé ça incroyable !

Ngofeen: On that first day, Matina remembered the children she had seen through the car window in Madagascar. They had been begging in the streets, unable to attend school. Now, here in a place where education was free, a feeling of injustice hit Matina very hard.

Matina: Quand j’étais enfant, j’avais vu la pauvreté, mais je ne comprenais pas vraiment ce que ça signifiait. Pendant mon premier jour dans un lycée public en France, j’ai compris que ce n'était pas normal. Éduquer les enfants, c’est un droit. Je me suis demandée : « Mais pourquoi à Madagascar, l’école n’est-elle pas gratuite ? »

Ngofeen: Throughout the school day, Matina thought long and hard about what she could do to change things. Then she had an idea: offering training, une formation, to underserved students. When she came back from school, Matina went straight to see her mother.

Matina: Je suis allée voir ma mère et je lui ai dit : « Maman, je veux créer une école à Madagascar. Une école ouverte à tous, qui offre aux jeunes la possibilité de recevoir une formation et de trouver du travail plus facilement. Comme ça, les jeunes Malgaches ne seront plus dans la rue. Ils pourront sortir de la pauvreté. »

Ngofeen: Matina’s mom looked at her in surprise. Her 15-year-old daughter wanted to do what?

Matina: Ma mère m’a dit : « Ma chérie, c’est une bonne idée, mais tu dois d’abord finir tes études. Après, tu pourras t’occuper de ton projet. » Je n’avais pas envie d’attendre, donc j’étais un peu déçue. Mais j’ai écouté ma mère.

Ngofeen: Matina got her high school diploma and enrolled at la Sorbonne in Paris, one of the most well-known universities in Europe. She decided to study political science. She thought this might be the best way to learn how to create a school in Madagascar.

Matina: Pendant ma première année à l’université de la Sorbonne, à Paris, je pensais tout le temps à mon projet. Mais je ne savais pas par où commencer…

Ngofeen: At the end of Matina’s first year in college, her church hosted a “young Protestant innovators” conference in London. Matina decided to go. One of the guest speakers was a young Swedish woman, who created an app that connects refugees and migrants, des migrants, to locals in Nordic countries.

Matina: Cette jeune Suédoise avait eu une idée incroyable et beaucoup de courage. En 2016, pendant la crise migratoire, il y avait beaucoup de migrants en Suède. Alors les institutions suédoises n’arrivaient pas à s’occuper de tout le monde. Donc cette jeune femme avait créé une application qui avait permis à des milliers de migrants de trouver un travail et des amis.

Ngofeen: When Matina heard this woman talk about her experience, something clicked into place. Seeing a young woman, like herself, use tech to change people's lives for the better made Matina realize that she needed to start working on her own project. Even if that meant she had to start from scratch, partir de zéro.

Matina: J’allais avoir beaucoup de travail parce que je partais de zéro. Mais une chose était certaine : j’étais déterminée. Je devais trouver une idée qui marche et m’occuper de tout. Même si j’avais mes cours à côté, il fallait que je trouve du temps pour travailler sur mon projet.

Ngofeen: Matina was only 19 when she decided to be a full-time entrepreneur and a full-time student. She felt confident she would find the resources she needed to develop a free school in Madagascar. She just needed to convince a lot of people to trust her. Starting with her mom.

Matina: Je suis retournée voir ma mère, et je lui ai dit : « Je sais que je n’ai pas encore terminé mes études, mais je veux vraiment créer une école à Madagascar. C’est le moment. » Ma mère a vu que j’étais déterminée et elle a accepté de m’aider.

Ngofeen: As her second year of college started, Matina signed up for something called Startup Weekend in Paris. The goal of the event was to support Malagasy entrepreneurship and innovation in France. It worked a bit like a startup incubator: aspiring entrepreneurs had 48 hours to meet with mentors, make connections and get advice to flesh out their ideas.

Matina: Pendant 48 heures, j’allais rencontrer les représentants d’entreprises de Madagascar, mais aussi d’autres Malgaches qui voulaient créer des start-ups, comme moi. Ensemble, on allait parler d’innovation et de solutions pour aider notre pays. Je devais commencer à travailler et à faire avancer mon projet.

Ngofeen: On the first day of the event, Matina attended a presentation by one of the conference organizers. He explained that throughout the world, there was a growing need for web developers.

Matina: Quand j’ai entendu ça, j’ai pensé : « Voilà ! J’ai trouvé ce que mon école doit proposer : des formations de développeur web ! » J’aimais beaucoup cette idée.

Ngofeen: The idea was simple, and it felt manageable. But it also served a real purpose.

Matina: Beaucoup d’entreprises ont besoin de développeurs web, parce qu’il n’y en a pas assez à Madagascar et sur le continent africain. En plus, c’est un métier d’avenir. Si les jeunes Malgaches apprenaient le développement web, ils pourraient trouver du travail facilement et sortir de la pauvreté.

Ngofeen: As Matina talked through her ideas with people, she developed a business model. She wanted the school to be affordable to anyone while teaching students a high-demand skill: coding. Her ultimate goal was to be able to help lift Malagasy youth out of poverty and give them access to an affordable education.

Matina: Je voulais que l’école soit accessible, et je voulais vraiment offrir un avenir aux jeunes étudiants. Alors j’ai trouvé un concept qui permettrait les deux. Pour chaque étudiant, il faudrait trouver une entreprise qui lui donnerait un travail et qui rembourserait la formation.

Ngofeen: The tech sector in Madagascar is still very young, but the island is already home to several telecom groups. The CEO of one of them, the Axian Group, happened to be at the Paris Startup Weekend. So Matina pitched her idea to him…and he was impressed. He told Matina that if she launched her school and trained talented web developers, he’d be interested in hiring them.

Matina: Quand ce chef d’entreprise m’a dit ça, mon projet est devenu réel. Je me suis dit : « C’est possible ! » Sa réponse m’a vraiment motivée et j’ai compris que j’étais capable d’y arriver.

Ngofeen: Matina came up with a name for her company: Sayna, which means “intelligence” in Malagasy. She'd saved 500 euros from odd jobs, handing out flyers and working as a temp secretary. But that wasn't nearly enough. So she decided to start a crowdfunding campaign, une campagne de financement participatif.

Matina: La campagne de financement participatif a duré quatre semaines. Environ 90 personnes ont donné de l’argent. C’était énorme ! Tous les jours, je mettais des vidéos sur Instagram pour les remercier. C’était surtout des amis et de la famille, mais pas seulement. Même le chef d’entreprise que j’avais rencontré à la conférence m’a donné 500 euros.

Ngofeen: By January 2018, Matina had raised 5,000 euros: enough to buy computers, rent a classroom in Madagascar’s capital city, and cover the cost of a 3-month training program for a dozen students. It was the seed money she needed to get started.

Matina: Mon projet avançait, mais j’avais encore beaucoup de choses à faire pour ouvrir mon école. J’ai compris qu’il fallait que je retourne à Madagascar.

Ngofeen: Matina was doing everything on her own, all while juggling her life as a full-time student! But she knew that to really make her school a success, she needed to devote all her attention to her startup. So she made a big decision.

Matina: Créer mon entreprise, c’était mon plus grand rêve. Alors, j’ai décidé d’arrêter l’université et de me concentrer à 100 % sur mon entreprise, Sayna. J’avais encore beaucoup de travail devant moi si je voulais ouvrir mon école. Je me suis dit : « Je suis jeune, je ne suis pas mariée, et je n’ai pas d’enfants. Je prends un risque, mais c’est maintenant ou jamais ! »

Ngofeen: Matina dropped out of her second year at la Sorbonne and took a plane to Antananarivo, Madagascar’s capital city. There she rented a little place to live, and she got to work. First, she found a small classroom space and bought some computers. Then she placed an ad online for a coding teacher, un professeur de codage informatique.

Matina: Un jeune homme d’une vingtaine d’années a postulé pour le poste de professeur. Il n’avait pas beaucoup d’expérience, mais il connaissait le codage informatique. Et surtout, il était très motivé. J’ai aimé son enthousiasme alors je lui ai donné le poste.

Ngofeen: After that, all that was left was to recruit the students. But Matina worried she might have a credibility problem. After all, this was a new, unknown school, launched by a 19-year-old. She decided to host an open house to reach prospective students. On the day of the open house, Matina was very stressed. What if no one showed up?

Matina: J’attendais dans la salle de classe que les étudiants arrivent. J’avais organisé tout un programme et payé un photographe pour prendre des photos. Mais j’avais peur que personne ne vienne.

Ngofeen: At last, the prospective students showed up.

Matina: Tout le monde était très intéressé par la formation et voulait s’inscrire. L’un d’eux m’a même fait un grand sourire. Il avait l’air très enthousiaste ! Alors, je me suis détendue et je me suis dit que tout allait bien se passer.

Ngofeen: After the open house, 12 students enrolled in the 3-month program. Exactly the number of students Matina had wanted for Sayna’s very first semester. They came from a variety of backgrounds, and many of them came from very poor families.

Matina: Il y avait ce jeune homme d’une vingtaine d’années qui s’appelait Fetra. Il venait d’une famille très pauvre qui vivait à la campagne. Pour faire la formation, cet étudiant devait dormir chez un ami à lui dans la banlieue d’Antananarivo.

Ngofeen: When this student started the training program, Matina was touched by Fetra’s story. She could see that he really wanted to succeed.

Matina: Quand Fetra est arrivé, il avait seulement un euro cinquante sur lui. Il vivait dans une maison en terracotta et n’avait pas l’électricité. Quand il voulait utiliser un ordinateur, il devait marcher pendant une heure pour aller chez un ami.

Ngofeen: For this first group of students, the program was entirely free. During three months, students took the training course with the instructor, Matina, and Matina’s mother, who came from France to help the team.

Matina: Je me suis dit : « Ça y est, c’est devenu réalité. Ces étudiants vont recevoir leur formation et ils pourront trouver un emploi. » Mais c'était très stressant pour moi, parce qu’à la fin du programme, c’était ma responsabilité de leur trouver du travail. Et je voulais vraiment que tout se passe bien dans leur future entreprise.

Ngofeen: Matina met with many local CEOs to make sure each of the 12 students in Sayna’s first graduating class got a job when they completed the program. Nearly all of them did. At the end of the program, Fetra, the student who’d showed up with 1.50 euros in his pocket, signed a permanent contract at Axian Group.

Matina: Je suis très fière de Fetra. Pour moi, c'est important de célébrer cette réussite. Maintenant, il a un appartement, des projets, une stabilité financière et il peut préparer son avenir. C’était ça mon rêve : changer la vie des gens. Je veux participer au progrès de l'éducation à Madagascar. Et si je peux changer la vie d’une seule personne, alors j’ai tout gagné.

Ngofeen: Matina Razafimahefa is an entrepreneur and educator living between Antananarivo, Madagascar, and Paris, France. Her company, Sayna, has trained more than 200 young people to become web developers and worked with over 60 clients. The program is now offered online and charges a small fee, but it remains accessible to low-income students.

This story was produced by Justine Hagard.

This is the last story of our season! And we’d love to know what you thought of this episode, and of the whole season! You can write us an email at and call and leave us a voicemail or audio message on WhatsApp at +1-703-953-93-69. Don’t forget to say your name and where you are from!

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The Duolingo French Podcast is produced by Duolingo and Adonde Media. Our managing editor is Natacha Ruck. Our producers are Lorena Galliot, Adélie Pojzman-Pontay, Justine Hagard, Camille Lindbom and Hugo Passarello-Luna. Mixers and sound designers are Samia Bouzid, David De Luca and Morgane Fouse. Our production manager is Román Frontini. Our mastering engineer is Laurent Apffel. Our executive producer is Martina Castro. And I’m your host, Ngofeen Mputubwele, à la prochaine!


This episode was produced by Duolingo and Adonde Media.

Narrator & Protagonist: Matina Razafimahefa
Producer: Justine Hagard
Managing Editor: Natacha Ruck
Mixing & Sound Design: Morgane Fouse
Mastering Engineer: Laurent Apffel
Production Manager: Román Frontini
Executive Producer/Editor: Martina Castro