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Episode 39: Lausanne, mon amour (Lausanne, My Love)

By Duolingo on Tue 27 Apr 2021

Renato Häusler felt out of place in modern life. He longed for a simpler, slower, more natural time. When he learned that his city, Lausanne, is one of the last in Europe to still have a lone night watchman, he made it his mission to preserve the centuries-old tradition.

How to Listen

Listen free on Apple Podcasts or wherever you listen to podcasts.

Transcript

Ngofeen: It’s April 1975, and 15-year-old Renato Häusler stands at a street corner of his hometown, a suburb, une banlieue, of Lausanne, in Switzerland. Renato looks at the construction sites, les chantiers. His neighborhood is booming. And Renato hates that.

Renato: La banlieue ouest de Lausanne se développe très rapidement. Il y a des chantiers partout. Je n’aime pas trop ces constructions. Lausanne est une ville avec beaucoup de beauté naturelle : il y a le lac, la forêt, les collines, et plus loin, les montagnes couvertes de neige. Mais année après année, la nature qui entoure Lausanne disparaît un peu plus.

Ngofeen: Renato looks up at the sky. He watches for the arrival of swallows, des hirondelles. When he was a boy, every spring the migratory birds would fill the sky above Lausanne. They would fly over Lake Geneva, skirting the snowy Alpine peaks, and settle on the three hills that make up the city.

Renato: Quand j’étais enfant, au printemps, on voyait beaucoup d’hirondelles voler au-dessus de Lausanne. Elles se posaient au bord des fenêtres. J’aimais les regarder. Maintenant, on voit moins d’hirondelles qu’avant. Je suis triste de voir que l’homme ne respecte pas la nature.

Ngofeen: From his Lausanne suburb, Renato worries about society’s relentless push for expansion and productivity. It makes him feel out of place. He longs for a slower, simpler time…and he wonders what the future has in store for him.

Renato: Moi, je rêve d’un temps passé, plus lent, plus simple, où l’homme et la nature coexistaient en harmonie. Le rythme frénétique du monde actuel me stresse beaucoup. Je n’y trouve pas ma place et je rêve de vivre dans le passé. Je n’imagine pas qu’un jour, je trouverai ma vraie place à Lausanne.

Ngofeen: Bienvenue and welcome to “Les endroits qu’ils adorent,” “The Places They Love,” a special season of the Duolingo French Podcast. I’m Ngofeen Mputubwele. This season, to help you improve your listening skills, we’re taking you on a romantic journey across the French speaking world…only these aren’t your typical love stories.

Travel with your ears and listen as native French speakers share true stories of the places they love.

As always, the storyteller will be using intermediate French, and I’ll be chiming in for context in English. If you miss something, you can always skip back and listen again. We also offer full transcripts at podcast.duolingo.com.

Today’s destination: Lausanne, Switzerland.

Ngofeen: In 1978, Renato Häusler turned 18 and faced his first big test as a member of Swiss society. Switzerland is a neutral country, but it’s mandatory for every male citizen between the ages of 18 and 50 to serve in the country’s militia. For the next four years, Renato was expected to dedicate some time every year to military training.

Renato: La première formation militaire durait quatre mois. Puis, trois semaines par an jusqu’à mes 28 ans. J’ai fait les deux premières années, mais la troisième, j’ai refusé d’y aller parce que je n’aime pas la guerre et je n’aime pas la violence.

Ngofeen: In 1981, Renato took a stand. He became a conscientious objector, opposed to participating in the country’s militia. Back then, in the 1980s, or as they say in Lausanne, les années huitantes, this meant having to stand trial in front of a military tribunal. And possibly going to jail.

Renato: Alors, en 1981, je suis passé devant un tribunal, entouré de sept soldats. J’étais le seul civil dans la salle. Je savais que le tribunal allait me condamner. Mais pour moi, le plus important, c’était de refuser de participer à ce système. Je préférais aller en prison que rester dans l’armée.

Ngofeen: Renato was sentenced to spend four months in a Swiss jail for nonviolent offenders.

Renato: À l’âge de 22 ans, je suis allé en prison. C’était injuste, mais c’était la loi. Je dormais dans une cellule avec deux autres prisonniers. C’était dur pour moi de passer toutes mes nuits en prison. Mais le plus dur, c’était les week-ends.

Ngofeen: The old prison building was at the foot of Lausanne’s cathedral, on a hill called la colline de la Cité. It’s one of the oldest parts of Lausanne — not a part of town Renato usually spent much time in. But now he was stuck there. Through the prison bars, les barreaux, Renato listened to the noise of the city.

Renato: La prison se trouvait en dessous de la colline de la Cité, au pied de la cathédrale de Lausanne. On ne voyait pas très bien à l’extérieur, mais à travers les barreaux, on pouvait entendre le bruit de la rue et la cloche de la cathédrale. Elle sonnait toutes les heures.

Ngofeen: That first night, Renato lay down on his cot. As the clock struck ten, the cathedral bell began to chime, slow and deep. After the tenth chime, there was a silence. Then…

Male voice: C’est le guet…

Ngofeen: …Renato heard a voice…

Male voice: Il a sonné dix !

Ngofeen: …floating into the cell from above…

Male voice: Il a sonné dix !

Renato: Je n’avais jamais entendu cette voix et je ne savais pas ce que c’était. Alors j’ai demandé aux autres prisonniers : « C’est quoi, cette voix ? » Ils m’ont répondu : « Bah, c’est le guet ! Le guet de la cathédrale. »

Ngofeen: Le guet. The watchman. Renato’s cell-mates explained that there was a night watchman in the cathedral tower. Every night, it was his job to call the time on the hour from 10 p.m. to 2 a.m. A watchman had done this every single night since the year 1405. In the olden days, le guet was on fire-watch as the city slept. But now, it was just tradition, a relic from the past.

Renato: Je me suis demandé : « Comment est-ce possible que je n’aie jamais entendu parler de ce guet ? » J’ai compris que j’habitais trop loin de la cathédrale pour pouvoir l’entendre. Maintenant que je savais que ce guet existait, je ne pouvais pas arrêter d’y penser.

Ngofeen: When he finished his sentence, Renato got a job as a teaching assistant at a private school. And that gave him the chance to find out more about this mysterious guet. Schools were allowed to visit the watchman in his lodgings, sa loge. So one day, Renato volunteered to take a group of schoolchildren there.

Renato: Mes élèves et moi, nous sommes arrivés à la cathédrale et nous avons monté les escaliers. Quand je suis entré dans la loge du guet pour la première fois, j’ai eu l’impression que le temps s’était arrêté.

Ngofeen: The loge was nestled underneath the cathedral’s rafters. Centuries-old oak beams framed a small chamber with a twin bed, a wardrobe, a desk and a chair. Nothing but the bare essentials. There wasn’t even running water.

Renato: J’ai été surpris par la simplicité de la loge. Il n'y avait pas l’eau courante, mais il y avait l’électricité. Sur le bureau, il y avait une lampe pour lire et écrire, ou tout simplement pour être seul avec ses pensées. Tout était en bois. J’ai tout de suite adoré ce lieu.

Ngofeen: To Renato, the tiny watchman’s chamber seemed like a perfect, peaceful hideaway: timeless, hors du temps. Both right at the heart of the city yet removed from the frenzy of modern life. He so wished he could stay there.

Renato: Dans la loge, le confort était très limité. Mais pour moi, c’était comme un petit paradis. Ce métier me fascinait. Le guet est un homme qui vit hors du temps. Il dit la même chose depuis 600 ans. Avant, le guet était très utile à la société. Mais aujourd’hui, il est juste… là.

Ngofeen: Renato felt like he’d gotten a glimpse of his dream job…and it was already taken. Soon, he had to climb down the stairs with his students and go back to modern life. After that, he continued to struggle to find his place in the city.

Renato: Je savais que Lausanne était une ville très agréable et connue pour sa qualité de vie… Et pourtant, j’avais du mal à y trouver ma place. Je cumulais les petits boulots à mi-temps.

Ngofeen: Five years passed. Renato kept going from job to job. Then, in 1987, he heard through a friend that the city was recruiting people to cover for the watchman on his nights off. He volunteered straight away. Five months later, the full time guet needed a night off. And Renato got the call.

Renato: On m’a appelé pour passer ma première nuit au guet. Pour la première fois, je suis arrivé seul dans la tour. Je n’oublierai jamais ce moment. On m’avait donné la clé de la porte de service de la cathédrale. Quand je l’ai ouverte, tout était sombre. Il fallait que je trouve le bouton pour allumer la lumière de l’escalier.

Ngofeen: Renato flipped the switch and turned on the light. He stared at the winding stone staircase and the solid wood beams, les poutres, framing each floor. He climbed 153 steps, and stepped into the loge. Inside, it was absolutely still. The only sounds came from the ancient wood creaking under Renato’s feet.

Renato: Les poutres en bois ont été construites il y a 600 ans. Et à l’époque, ce bois devait déjà avoir 300 ou 400 ans. Alors le bois qui m’entourait avait presque 1 000 ans. C’était incroyable !

Ngofeen: The intimate loge opened onto a grand stone balcony… The balcony wrapped along each side of the cathedral’s tower — north, south, east, west. Renato gazed at the city sleeping below.

Renato: À l’est de la ville, je voyais un pont avec ses quatre obélisques. À l’ouest, je voyais la banlieue qui s’est développée si rapidement. Au nord, je voyais la colline de la Cité. Elle semblait si proche de moi que j’avais l’impression de pouvoir la toucher. Et au sud, je voyais le lac. Le Léman.

Ngofeen: Le Léman, known in English as Lake Geneva, is the largest lake in Western Europe. Its crescent-shaped shore spreads to the south of Lausanne, with clear, placid waters reflecting the snowy peaks beyond. From his tower, Renato had a perfect view of the lake.

Renato: Je passais des heures à regarder le lac. Parfois, la pleine lune se reflétait dans l’eau. Et le matin, le soleil se levait derrière le lac… C’était d’une beauté extraordinaire.

Ngofeen: Renato had lived in Lausanne his whole life, but that night, from the top of the tower, Lausanne took on a whole new beauty. As he stared at the night lights, the city seemed to exist outside of time.

Renato: Les fenêtres de la ville brillaient avec intensité. Parfois, j'apercevais une ombre qui traversait une chambre ou un salon. C’était fascinant.

Ngofeen: After that first night, Renato volunteered to fill in for the watchman as often as he could. He got to go about once a month. Every night that Renato spent in the tower, he fell more deeply in love with Lausanne. He loved the private little nook where he watched over the city.

Renato: La loge du guet était l’endroit où je me sentais le plus calme. Dans cet espace simple où le temps s’arrêtait, je pouvais lire, penser, ou simplement être dans le moment présent.

Ngofeen: Renato longed to be there every night. But he couldn’t. He was just a volunteer, filling in when the guet was off-duty.

Renato: Les nuits où je ne montais pas à la tour du guet, tout me manquait : la loge, la ville, le ciel… Je voulais retourner dans la tour toutes les nuits. Mais ce n’était pas possible.

Ngofeen: By 2001, Renato had been a replacement night watchman for 14 long years. He had a good life: He’d finally found a fulfilling job working at an institute for the blind. He had a lovely wife and two young daughters. Occasionally he spent a night watching over his beloved Lausanne. He wasn’t unhappy, but something still felt…off.

Renato: J’avais tout pour être heureux. Pourtant, je ne me sentais pas toujours bien dans le temps présent. J’avais une famille, un travail, une maison, mais je n’aimais pas ce système. L’endroit où je me sentais le mieux, le plus libre, c’était dans la tour du guet. J’attendais les nuits où je remplaçais le guet avec impatience.

Ngofeen: One day, Renato finally got the news he’d been waiting for: The full-time watchman was retiring. The city put out an open call to find his replacement, and Renato jumped at the chance to apply. But, so did 52 other candidates.

Renato: Il y avait beaucoup de candidats pour devenir le nouveau guet. Ils voyaient sûrement ce poste comme un boulot tranquille. Mais pour moi, c’était beaucoup plus que ça. J’ai écrit une longue lettre de candidature, très passionnée. J’ai expliqué que le guet était devenu une partie très importante de ma vie et que ça me rendait heureux. Je voulais vraiment être choisi.

Ngofeen: Renato waited anxiously for a response from the city. Being the guet was the thing that made him feel most connected to Lausanne, the most “at home” in the modern world.

Renato: J’avais très peur qu’ils choisissent quelqu’un d’autre. Si je n’étais pas choisi, j’allais rester remplaçant du guet toute ma vie.

Ngofeen: Finally, after two weeks that felt like forever, Renato got the call. Out of 52 candidates, the city had picked him! He would be the next full-time guet de Lausanne.

Renato: J’étais tellement content ! C’était l’endroit que j’aimais le plus au monde. J’allais enfin pouvoir y passer plus de temps, et chaque nuit, j’allais pouvoir admirer ma belle Lausanne. J’allais pouvoir vivre hors du temps.

Ngofeen: Being guet full-time meant that Renato was at the tower five nights a week. He kept his day job at the institute for the blind, but arranged to work mostly afternoon shifts. In the evening, he had dinner with his family, then got his daughters ready for bed. After kissing his wife goodnight, he’d take off to be at the tower in time for his 10 p.m. call.

Night watchman: C’est le guet… Il a sonné dix ! Il a sonné dix !

Renato: Je ne vais pas mentir : par moments, c’était fatigant de gérer mes nuits au guet, mon autre travail et ma vie de famille. Mais je ressentais un immense privilège d’être dans la tour toutes les nuits. J'étais conscient que je perpétuais une tradition presque aussi ancienne que Lausanne elle-même. Pour moi, c’était très important.

Ngofeen: Renato took the tradition of guet de Lausanne very seriously. He’d always thought that the previous watchman didn’t quite give his hourly calls the ceremony and weight they deserved. So he looked for ways to celebrate his role in the city.

Renato: Quand j’avais rencontré l’ancien guet, j’avais vu qu’il ne portait pas de vêtement spécial et qu’il n’avait pas de rituel particulier. Je trouvais cela dommage et un peu triste. En bas, quand on entendait sa voix et qu’on levait la tête, on ne le voyait presque pas dans l’obscurité.

Ngofeen: To make himself more distinctive and visible to the people below, Renato did a bit of historical research. He came up with his own special guet uniform: a large, broad-rimmed black felt hat, and an antique gas lantern.

Renato: Avant, les hommes portaient toujours un chapeau. On appelait cela un « couvre-chef ». Au 19e siècle, en Europe, tous les guets portaient un chapeau noir. Je voulais perpétuer cette tradition.

Ngofeen: Having renewed the tradition of the hat, Renato developed a new ritual of his own. To this day, right before making his rounds, sa ronde, Renato puts on his hat and heads out to the balcony. Then he lights the flame in his lantern and holds it up above the ledge.

Renato: Quand je fais ma ronde, les gens peuvent voir la petite flamme qui se déplace en haut de la tour. Avec ma flamme, je montre les quatre points cardinaux : l’est, le nord, l’ouest, et enfin, le sud.

Ngofeen: Renato always stops at each of the cardinal points on the tower to repeat his hourly call. He saves his favorite view, towards the south and the lake, for last.

Renato: J’ai déjà regardé le Léman tellement de fois. Mais c’est toujours une grande joie. Il change tout le temps. Parfois, l’eau du lac est agitée et de petites vagues viennent jusqu’aux plages de Lausanne. Et d’autres fois, les eaux sont calmes et reflètent les lumières de la ville.

Ngofeen: As the weeks turned into months, and then years, Renato’s love for the guet, the cathedral, and his hometown of Lausanne only deepened. By becoming a man outside of time, he’d finally found his place in his city.

Renato: Je suis seul, mais au milieu de tout. Entre ciel et terre. Au cœur de la ville, mais hors du temps. C’est une sensation incroyable. J’ai enfin le sentiment d’être exactement à ma place.

Ngofeen: Renato Häusler is one of Europe’s last remaining night watchmen. He lives in Lausanne, Switzerland with his wife, Kala. His nights spent roaming the cathedral with his lantern inspired him to start a business that suits his sense of timelessness: lighting concerts and other events by intimate candle-light. It’s called Kalalumen, time and light.

This story was produced by Lorena Galliot.

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The Duolingo French Podcast is produced by Duolingo and Adonde Media. I’m your host, Ngofeen Mputubwele, à la prochaine!

Credits

This episode was produced by Duolingo and Adonde Media.

Narrator & Protagonist: Renato Häusler
Producer: Lorena Galliot
Managing Editor: Natacha Ruck
Mix & Sound Design: Samia Bouzid
Mastering Engineer: Laurent Apffel
Production Manager: Román Frontini
Executive Producer/Editor: Martina Castro