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Episode 37: Étretat, mon amour (Étretat, My Love)

By Duolingo on Tue 13 Apr 2021

When the best crab fisherman in Étretat, Normandy gradually loses his eyesight, he does everything in his power to continue fishing along the coastline he loves.

How to Listen

Listen free on Apple Podcasts or wherever you listen to podcasts.

Transcript

Ngofeen: It’s 1980 and 17-year-old Christophe Leboucher is standing on the beach of Étretat in Normandy. The quaint seaside town is known for its soaring white cliffs, des falaises, and large rocks, des rochers.

Christophe: Étretat, c’est un endroit unique en France. Il y a de grandes falaises très impressionnantes et une plage magnifique. C’est très sauvage, avec la mer, les falaises, et les rochers…

Ngofeen: With a tall natural arch that advances into the sea, and a rock needle piercing the water, many people consider Étretat the most striking beach in France. French artists like Gustave Courbet and Claude Monet tried to capture its beauty many times. But Christophe doesn’t care about what the place looks like.

Christophe: La beauté du lieu ne m’intéresse pas. Tout ce qui m’intéresse, c’est la pêche au crabe. Étretat, c’est mon terrain de chasse, mon terrain de jeu. J’adore pêcher dans les rochers et attraper des crabes. Je connais tous les meilleurs endroits pour attraper les crabes. C’est ma passion.

Ngofeen: He’s only a teenager, but Christophe is the best crab fisherman in Étretat. He loves wading in the cold water, climbing the slippery rocks and discovering where the crabs hide. But at such a young age, he stands to lose everything he loves. Because Christophe only has a few years left before he completely loses his ability to see the world.

Christophe: J’ai 17 ans et je suis au début de ma vie. À cet âge-là, tout devrait être possible… Mais j’ai déjà perdu la capacité de lire et de regarder la télé. Peut-être qu’un jour, je ne pourrai plus pêcher le crabe à Étretat. C’est dur de penser que je perdrai peut-être ce grand amour.

Ngofeen: Bienvenue and welcome to “Les endroits qu’ils adorent,” “The Places They Love,” a special season of the Duolingo French Podcast. I’m Ngofeen Mputubwele. This season, to help you improve your listening skills, we’re taking you on a romantic journey across the French speaking world…only these aren’t your typical love stories.

Travel with your ears and listen as native French speakers share true stories of the places they love.

As always, the storyteller will be using intermediate French, and I’ll be chiming in for context in English. If you miss something, you can always skip back and listen again. We also offer full transcripts at podcast.duolingo.com.

Today’s destination: Normandy, France.

Ngofeen: Christophe Leboucher was born with a rare optical condition that meant he couldn’t see the world around him the way that other people did. He had some peripheral vision, but he couldn’t see anything in front of him. And yet, as a child, that didn’t stop him from doing anything he loved.

Christophe: Quand j’étais petit, je faisais plein de choses ! J’aimais lire, mais j’étais obligé de coller le nez au livre. Et j’aimais passer des heures devant la télé. J’adorais aussi aller dehors pour faire du vélo, courir sur la plage, ou jouer au foot avec mes amis.

Ngofeen: Using his peripheral vision, Christophe was able to generate mental images of where he was and what he was doing. So growing up, his limited eyesight wasn’t actually a limitation. Christophe did everything the other kids did.

Christophe: Je ne réalisais pas vraiment que j’étais différent des autres enfants. J’étais très curieux et je voulais tout découvrir.

Ngofeen: As a five-year-old, Christophe wanted to go fishing for crab. It was a popular pastime in coastal towns of Normandy. Whenever the tide was right, his babysitter’s husband, Rémy, went fishing and brought crabs home for dinner. Christophe longed to join him. But Rémy didn’t think he was ready.

Christophe: Rémy me disait : « La pêche au crabe, ce n’est pas une activité pour un enfant de cinq ans. Il fait froid, et c’est humide. Et puis, il faut arriver à la plage très tôt, à cinq heures du matin. La pêche au crabe, ce n’est pas pour toi. »

Ngofeen: Rémy thought a kid would just get in the way, and complain. But Christophe begged and begged. So when Christophe turned six, Rémy gave him a stern warning of “don’t you dare cry!” and took him to a big sandy beach.

Christophe: Ce jour-là, Rémy m’a dit : « Reste tranquille, et ne dérange pas les pêcheurs ! » J’étais très content d’être à la pêche au crabe avec les adultes. J’avais l’impression d'avoir un privilège incroyable.

Ngofeen: The fishermen showed Christophe how to catch crabs. At low tide, the beach revealed round rocks covered in seaweed. The fishermen would lift the rocks until they spotted a crab, and then catch it with their bare hands.

Christophe: Je n’étais pas assez fort pour soulever les rochers. Mais j’étais déterminé à pêcher. Alors, j’ai mis directement la main dans les trous, sous les rochers. Et j’ai pêché mes premiers crabes comme ça.

Ngofeen: There’s a certain technique to catching crabs with your bare hands…and not getting pinched. Usually, you want to catch a crab from behind, so it can’t get you with its claws. But to catch his prey, Christophe simply groped, il tâtait, underneath the rocks. That was risky.

Christophe: Pour trouver les crabes, je tâtais sous les rochers. Il fallait faire très attention ! Il existe deux sortes de crabes. D’abord, il y a les crabes tout doux au toucher, qui ne sont pas très méchants. Et puis, il y a les autres : des crabes pleins de poils, qui sont très agressifs. Avec eux, il faut faire attention à ses mains !

Ngofeen: After that, Christophe joined the fishermen as often as he could and he got really good. He had no interest in the scenery or the conversations of the other fishermen. But what he really liked was the mastery catching crabs required. He was patient… He was swift… He was a hunter, un chasseur.

Christophe: Ce que j’aimais dans la pêche au crabe, c’était être un chasseur. Je ne m’intéressais pas à ce qu’il se passait autour de moi. J’étais totalement concentré sur mes mouvements et sur les sensations dans mes mains. La pêche au crabe, c’est technique. Il faut connaître les bons trous et faire attention en attrapant les crabes. Ça me plaisait beaucoup.

Ngofeen: One day, when Christophe was 13, Rémy drove him up the coast from their hometown of Le Havre. They stopped in Étretat, and together, they took the stairs to the beach at the bottom of the cliffs, au pied des falaises.

Christophe: À Étretat, la plage était très différente. Au pied des falaises, il n’y avait pas de sable. Il y avait des pierres coupantes, et c’était très glissant parce que les vagues arrivaient jusqu’aux rochers. Je voyais mal, alors pour moi, c'était un vrai défi.

Ngofeen: Christophe slid on the slippery rocks, and soon he was covered in bruises and cuts, des coupures. But he didn’t care.

Christophe: J’avais des coupures sur les bras et sur les jambes… Pêcher le crabe à Étretat, c’était une vraie aventure. C’était difficile, mais j’adorais ça. C'était la première fois que je ressentais une passion aussi forte.

Ngofeen: Christophe was smitten. He vowed to hunt in Étretat any chance he had. But it wasn’t easy for a teenage boy to get there on his own. He had to beg his parents to take him.

Christophe: Mes parents ne s’intéressaient pas du tout à la pêche, alors on allait rarement à Étretat. Mais j’insistais toujours pour aller en vacances chez Rémy. On allait pêcher ensemble.

Ngofeen: Around the same time he discovered Étretat, Christophe felt a change in his vision. Everything began to look blurry, flou…and things that he’d loved doing as a kid became harder and harder. For the first time in his life, Christophe realized that one day, he was gonna entirely lose his ability to see the world.

Christophe: Ça a commencé quand j’avais 13 ans. D’abord, j’ai eu besoin de livres avec de plus grosses lettres. Mais petit à petit, lire devenait de plus en plus difficile. Les mots étaient de plus en plus flous, comme de gros pixels. À 15 ans, je ne pouvais plus lire. Et à 17 ans, j’ai dû arrêter de jouer au foot.

Ngofeen: Giving up soccer was hard. And Christophe worried about his future. He began to understand that his declining eyesight would have a big impact on his adult life.

Christophe: Pour mes amis, tout était encore possible. Ils avaient la vie devant eux. Mais moi, je voyais mon monde se réduire. Je commençais à réaliser tout ce que j’avais déjà perdu, et tout ce que j’allais perdre dans le futur. Je me sentais très vulnérable. Et bien sûr, ma plus grande peur, c'était de ne plus pouvoir pêcher le crabe.

Ngofeen: Christophe wondered what it would mean to be completely blind, and how it would impact his relationship to Étretat. The thought that he wouldn’t be able to see his favorite fishing ground anymore…was devastating. So, one day, he went to the Fine Arts Museum in the city of Rouen, in search of 19th-century paintings of his beloved beach.

Christophe: Je voulais savoir si ce lieu que j’adorais avait changé depuis un siècle. Je voulais savoir si certaines choses étaient permanentes.

Ngofeen: Christophe examined the paintings. They were over a century old, but Étretat looked exactly the same. On one side of the beach, millennia of erosion had carved a hole in the cliff, turning it into a tall arch. Next to it, a needle of white rock pierced the sky. Christophe realized that if the cliffs hadn’t changed in the last 100 years, surely they wouldn't change in his lifetime…

Christophe: C’était exactement le même paysage. Cela m’a apporté beaucoup de paix. À cause de ma vue, ma vie devenait de plus en plus difficile… Mais je savais que les falaises, elles, ne changeaient pas. Je pouvais compter sur elles.

Ngofeen: Christophe knew the beach would never change, but he was still worried that he might lose his ability to do what he loved most: hunt for crab. So while he still could, he set out to memorize Étretat. Every day, when the tide was right, he’d go to the same spot, lie down in the shallow waters and explore everything around him with his hands.

Christophe: Je voulais tout savoir sur mon lieu de pêche. Je voulais connaître tous les trous et tous les rochers. Sur la plage, je marchais 20 pas, je m’allongeais sur le sol, puis je touchais tout autour de moi. Et le lendemain, j’allais un peu plus loin…

Ngofeen: Christophe put together a mental map of the area, like a puzzle, linking each part of the beach in his mind: the puddles, les flaques, the rocks… He called this process of memorization “mentaliser,” and it allowed him to commit to memory a detailed picture of Étretat.

Christophe: Je mentalisais tout le lieu au pied des falaises. J’apprenais à reconnaître chaque rocher, chaque flaque. J’étais très méthodique, j’étudiais tout en détail. Alors quand je touchais un rocher, je savais immédiatement où j’étais. J'espérais pouvoir continuer à pêcher le crabe aussi longtemps que possible.

Ngofeen: Christophe had done all that he could to keep the place he loved in his life. But as he turned 19, he wondered what his life would be like beyond the beach he knew so well… So he made a radical choice. He moved to a farm in a forest near Étretat, to live on his own.

Christophe: Je voulais me prouver à moi-même que j’étais capable de vivre seul et d’être indépendant. J’aimais me promener dans la forêt. Je m’y sentais bien. Il n’y avait pas de danger dans la forêt, parce que rien ne changeait, comme au pied des falaises. Et surtout, j’ai appris à prendre mon temps et à écouter la nature.

Ngofeen: Of course, for fun, he still went fishing in Étretat. And he was still a bit reckless. He actually biked there. He had memorized the path through the woods and he trusted he could find his way. But the busy city streets of downtown Étretat could be stressful.

Christophe: Faire du vélo en ville, cela devenait de plus en plus difficile. Il y avait toujours de nouveaux obstacles : une poubelle, des travaux de construction, une rue bloquée… Je touchais souvent quelque chose, et ça me surprenait ! J’avais toujours l’impression que mon corps était un poids.

Ngofeen: Once he was on the beach, Christophe would find all his markers and feel safe again. In the water, his body wasn’t a burden anymore.

Christophe: La pêche était devenue mon refuge. Quand je pêchais, je contrôlais tout. Et dans l’eau, je ne sentais plus mon corps. Ce n’était plus un poids, parce que je flottais. Je me sentais en sécurité. J’étais léger et il n’y avait plus d'obstacles pour moi. Je me sentais libre.

Ngofeen: Between the forest and the beach, Christophe started to feel more at peace with himself… His ability to see had diminished, but he had proved to himself that he could still live a full and independent life.

Christophe: Vers l’âge de 30 ans, quelque chose a changé à l’intérieur de moi. J’avais accepté mon corps et l’idée que j’étais presque aveugle. C’était peut-être l’excitation de la jeunesse qui se calmait. Je me sentais enfin prêt à vivre ma vie.

Ngofeen: Eventually, Christophe moved to Étretat, to live there full-time. He got a job and started a family. And he kept crab fishing. By now it was the 1990s, and Étretat was becoming more touristy. On the beach, Christophe had never paid much attention to anything except hunting. But now, people talked to him, and he enjoyed talking back.

Christophe: Sur la plage, j’ai commencé à parler aux gens autour de moi. Il y avait beaucoup de touristes. Ils disaient que ce lieu était vraiment magnifique et que j’avais beaucoup de chance de venir ici tous les jours. Tout le monde était impressionné par cette beauté.

Ngofeen: Like he had done in the forest, Christophe began paying a different kind of attention. On the beach, for the first time, he paused to experience the light under the arch and how it reflected off the white cliffs. He listened to the sound of the seagulls, les goélands.

Christophe: J’avais encore la notion de la lumière et des couleurs. J’ai commencé à regarder autour de moi : le reflet de la lumière sur les falaises, le soleil rouge du matin, le contraste entre les pierres blanches et les ombres… En écoutant les goélands, et l’écho de leurs cris, je savais tout de suite où j’étais.

Ngofeen: Every day, Christophe discovered new sensations. Les falaises became his constant companions. He felt their gigantic presence, and like a sixth sense, he always knew how far he was from them. He could also feel the air wafting out of them, what he thought of as their breath, leur souffle.

Christophe: C’est quelque chose d’incroyable. Les falaises ont comme une respiration. Elles inspirent les rayons du soleil, puis les expirent. Souvent, je sens un souffle chaud, comme si quelqu’un respirait juste à côté de moi. Et l’hiver, les falaises ont un souffle froid et humide.

Ngofeen: Christophe always feared he would lose his beloved hunting ground in Étretat. He worried that as he changed, so would his relationship to his favorite place. But today, at 57, standing on the beach, he feels more connected to Étretat, and more in love with it…than ever.

Christophe: Je pensais qu’avec l’âge, je profiterais de moins en moins d’Étretat. Mais maintenant, je vois ce lieu différemment. Je vois sa beauté. À Étretat, on fusionne avec la mer, dans les rochers, sous les falaises. Tout d'un coup, on sent quelque chose. Je ne sais pas quoi, exactement. Mais il se passe quelque chose : une émotion, une résonance avec ce lieu extraordinaire. La beauté.

Ngofeen: Christophe Leboucher is a 57-year-old community organizer and father of two living in Étretat.

This story was produced by Adélie Pojzman-Pontay.

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The Duolingo French Podcast is produced by Duolingo and Adonde Media. I’m your host, Ngofeen Mputubwele, à la prochaine!

Credits

This episode was produced by Duolingo and Adonde Media.

Producer: Adélie Pojzman-Pontay
Narrator & Protagonist: Christophe Leboucher
Managing Editor: Natacha Ruck
Mix & Sound Design: Samia Bouzid
Mastering Engineer: Laurent Apffel
Production Manager: Román Frontini
Executive Producer: Martina Castro