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Episode 18: Surfer au Sénégal (Surfing in Senegal)

By Duolingo on Tue 07 Jul 2020

In Khadjou Sambe’s home country of Senegal, surfing is considered a male-only sport. But that hasn’t stopped Khadjou from pursuing her surfing dreams, becoming the first girl in Dakar to rule the waves.

How to Listen

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Transcript

Ngofeen: Khadjou Sambe was 13 years old when she successfully rode a wave for the first time. She’d been going out into the water with her cousins for over a week, trying to surf on an old surfboard, une planche de surf. At first, she kept losing her balance, toppling over as the waves crashed around her. But then…

Khadjou: J’ai senti l’eau autour de mon corps. La vague commençait à se former. Je me suis dit : « Khadjou, n’aie pas peur. » J’ai poussé avec mes jambes, parce que j’avais vu mes cousins faire comme ça. Et je me suis levée !

Ngofeen: She did it! She was standing up, debout, on her board. She was riding the wave! Khadjou whooped with joy.

Khadjou: J’étais si contente, alors j’ai commencé à crier. Mes cousins me regardaient comme si j’étais folle ! Mais je m’en fichais. J’étais si contente d’être debout sur la planche. C’était extraordinaire !

Ngofeen: Khadjou was used to her cousins thinking she was crazy. Just the fact that she was a girl in the water surfing was crazy. In the community in Senegal where she lived, girls weren't supposed to surf. But Khadjou wanted more than permission to ride the waves. She wanted to rule them as a pro.

Khadjou: Je voulais devenir surfeuse pro. Je voulais aller aux Jeux Olympiques. Je m’imaginais dans l’eau, avec d’autres filles, en train de surfer. Représenter mon pays, en tant que femme, en tant que Sénégalaise, c’est mon rêve depuis toujours.

Ngofeen: Bienvenue and welcome to the Duolingo French Podcast. I’m Ngofeen Mputubwele. Every episode, we bring you fascinating true stories to help you improve your French listening and gain new perspectives on the world.

The storyteller will be using intermediate French, and I’ll be chiming in for context in English. If you miss something, you can always skip back and listen again. We also offer full transcripts at podcast.duolingo.com.

A quick note about Senegalese French: You may notice that “Rs” are rolled, rather than pronounced at the back of the throat. For example, “rrr-egarder” instead of “rh-egarder.” You may also notice that the “juh” sound in words like “je” or “jambes” have more of a “z” sound, so “je me suis dit” becomes “zhe me suis dit.”

Ngofeen: Khadjou was born in N’Gor, a coastal neighborhood of Dakar, Senegal, near the westernmost tip of Africa. She grew up in her grandmother’s house just steps away from the beach.

Khadjou: Dans mon village, N’Gor, tout le monde vit près de l’eau. Je sais nager depuis l’âge de trois ans. Par la fenêtre de ma chambre, je pouvais voir l’endroit préféré des surfeurs. Et tous les surfeurs étaient des hommes.

Ngofeen: N’Gor, like much of Senegal, is a predominantly Muslim community. Khadjou says that most people living in N’Gor adhere to traditional values and social norms.

Khadjou: À N’Gor, après l’école, les filles doivent aider à faire la cuisine, et à nettoyer la maison. Elles ne doivent pas être seules avec des garçons. Pour cette raison, mes parents ne voulaient pas que je surfe.

Ngofeen: At 13, Khadjou talked her uncle and male cousins into teaching her how to surf. She knew she’d have a better chance of being allowed if other girls went with her. So she recruited a girlfriend and a younger cousin. At first, it worked. The three girls learned to surf together by watching the boys.

Khadjou: Au début, je surfais avec ma cousine et une amie. Alors, nos parents nous laissaient tranquilles. Mais à 16 ans, mon amie s’est mariée. Elle est partie vivre dans un village, un peu plus loin. Ensuite, ma cousine a commencé à avoir des problèmes avec sa famille. Ils ne voulaient plus qu’elle surfe. Elle a été obligée d’arrêter. Après, j’étais toute seule.

Ngofeen: Khadjou tried to keep learning on her own. There was a local guy called Pape who ran a small surfing school, and Khadjou went to ask if she could take lessons with him. Pape looked at her, and frowned.

Khadjou: Il a hésité, et il m’a dit : « Oui…non…oui…non…peut-être. D’abord, tes parents doivent signer une autorisation. » Il m’a donné des papiers pour mes parents, et j’ai dit merci. Mais je ne savais pas quoi faire.

Ngofeen: Khadjou took the consent forms and went home. She knew her parents would never agree to sign them. So she did something that could get her into big trouble. She faked their signature.

Khadjou: Mes parents voulaient une bonne vie pour moi. Mais pour moi, une bonne vie, c’était une vie où je pouvais surfer. Je voulais absolument continuer à surfer.

Ngofeen: Khadjou’s grandma could see what her headstrong granddaughter was up to. But she never tried to stop her granddaughter, and she didn’t tell anyone.

Khadjou: Ma grand-mère a toujours été de mon côté. Certaines personnes me disaient : « Surfer, ce n’est pas bien pour une fille ! » Mais ma grand-mère, elle me disait : « Si tu es contente, vas-y ! » Elle voyait que j’adorais le surf.

Ngofeen: But word gets around fast in tight communities, and not everyone was as sympathetic to Khadjou as her grandma was. Soon, a neighbor spotted Khadjou surfing on her own, and told her parents. This time, she got into serious trouble.

Khadjou: Mes parents n’étaient vraiment pas contents. J’ai essayé d’expliquer pourquoi j’aimais le surf. Mais mes parents ne comprenaient pas. Ils disaient : « Tu ne dois pas surfer seule avec les hommes, c’est dangereux. » Et ils m’ont dit : « Maintenant, le surf, c’est fini pour toi. Surfer, c’est interdit. »

Ngofeen: Interdit. Forbidden. Khadjou’s parents’ word was final. She had to accept that surfing wasn’t for her. She tried to live without surfing for nearly three years. But the beach was right in front of her house. And day in day out, she watched men surf the waves. Waves she felt had once belonged to her.

Khadjou: Je regardais les surfeurs, je voulais être avec eux. Le surf me manquait beaucoup. Je ne pouvais pas imaginer ma vie sans surfer. J’en ai parlé à ma grand-mère. Elle m’a dit : « Tu dois suivre tes rêves. Si tu veux, tu dois trouver un moyen de le faire. »

Ngofeen: After that, Khadjou started to surf in secret. When there was no one else on the beach, she would slip out and grab a few waves.

Khadjou: Je sortais par la fenêtre de ma chambre pour aller surfer. Si mes parents me demandaient où j’étais, je répondais : « J’étais dans ma chambre ! Je dormais. »

Ngofeen: Khadjou tried to make sure no one spotted her. But eventually, someone did. Only this time, it wasn’t a nosy neighbor. It was the owners of a new surf school in town, an Italian couple called Martha and Aziz.

Khadjou: Martha et Aziz m’ont vue surfer. Ils m’ont demandé si je voulais travailler dans l’école de surf. Ils m’ont proposé de donner des cours de surf aux touristes. J’ai dit : « Oui, je veux bien, mais je dois demander à mes parents. »

Ngofeen: Khadjou was 17 at the time, and working at a Chinese restaurant. But more than anything, she yearned to surf. Teaching would allow her to continue supporting herself while being in the water. She took her case to her parents…

Khadjou: Au début, ils n’étaient pas d’accord. Mais j’ai dit que c’était un bon travail. J’ai dit que je ne serais pas la seule fille, parce que la propriétaire de l’école était une femme. Et certaines élèves étaient aussi des filles. Ma grand-mère a dit : « C’est une bonne idée. » Finalement, mes parents ont changé d’avis. Ils m’ont dit oui.

Ngofeen: Finally, Khadjou was able to surf out in the open. No more slipping out of her bedroom window, no more hiding. To Khadjou, the sensation of being in the water on her board was sheer bliss.

Khadjou: Quand je suis sur une planche de surf, je me sens tellement libre. J’ai l’impression d’être dans un autre monde. J’oublie mes problèmes. Quand je surfe, je sens que la mer c’est ma famille. Les vagues sont mes meilleures amies. Et la planche, c’est mon amour.

Ngofeen: Khadjou began teaching tourists how to surf, showing beginners how to balance on their boards on the sand before moving into the water. She was thrilled to support herself as a surf instructor. But she wished she could be doing more.

Khadjou: Je donnais des cours à des touristes. J’aimais bien donner des cours, mais je me demandais pourquoi je ne donnais pas des cours à des femmes sénégalaises, comme moi. Dans le monde du surf, je ne connaissais aucune femme comme moi. J’étais toute seule. Je n’avais personne pour m’encourager ou pour m’apprendre. Je pensais que devenir pro était impossible.

Ngofeen: On a sunny day in 2016, Khadjou went to work. She surfed in her wetsuit, then went to clean her surfboard. A stranger was hanging out at the surf camp where she worked, snapping pictures. He took one of her.

Khadjou: Je ne l’ai pas remarqué. Les touristes prennent toujours des photos des surfeurs. Pour moi, c’était normal.

Ngofeen: Khadjou had no idea that a few months later, this photo would end up in a New York Times magazine spread, about the surfers of Dakar. And that a Californian woman named Rhonda Harper would see it.

Khadjou: Un jour, une femme m’a envoyé un message sur Facebook. Elle s’appelait Rhonda Harper. Je ne la connaissais pas. Elle avait vu ma photo sur Internet, et elle voulait me parler. J’ai cliqué sur son profil : c’était une surfeuse américaine, noire, et ses cheveux étaient comme les miens, avec de longues tresses comme moi.

Ngofeen: Rhonda explained that she’d founded an organization called Black Girls Surf to help more black and brown women break into the mostly white, mostly male world of professional surfing. Rhonda asked Khadjou if she’d be interested in coming to California, to train to become a pro surfer.

Khadjou: Rhonda m’a demandé si je voulais venir en Californie pour m’entraîner. Je n’y croyais pas ! C’était comme un rêve. J’ai dit : « Oui, oui, bien sûr ! Je vais venir ! »

Ngofeen: Khadjou’s dreams of becoming a pro surfer now seemed possible. But getting to California was easier said than done. First, Khadjou had to convince her parents. She prepared her arguments, and braced herself for a fight.

Khadjou: J’ai dit : « Le surf, c’est mon rêve. Et ça me rend heureuse. J’espère que vous allez être de mon côté. » Ils avaient peur, mais quand j’ai parlé de Rhonda et de son travail, ils m’ont surprise ! Ils étaient d’accord avec moi. Depuis ce jour-là, ils sont totalement de mon côté.

Ngofeen: But finding money for the plane fare and the trip wasn’t easy. Rhonda started an online fundraiser to help raise cash while Khadjou worked to secure a visa from the U.S. consulate.

Khadjou: Je suis allée à l’ambassade. Ils ont refusé ma demande. Ils ne m’ont pas dit pourquoi. Ils ont juste refusé la demande.

Ngofeen: Khadjou refused to give up. She gathered her paperwork, including a letter of sponsorship from Rhonda. She paid the visa fee, again, and resubmitted her application. This time, it went through!

Khadjou: Je ne parlais pas anglais. Je n’avais pas d’argent. Et je ne connaissais personne en Californie. Mais je me suis dit : « OK, let’s go! »

Ngofeen: On July 16, 2018, two years after Rhonda had first reached out to her, Khadjou said goodbye to her employers, her parents, and her beloved grandma, and embarked on the long journey from Dakar to San Jose, California.

Khadjou: Le voyage a duré 48 heures. J’ai pris trois avions. Mais je n’avais pas d’argent, et je n’avais rien à manger. Heureusement, j’ai l’habitude de ne pas manger pendant longtemps, parce que tous les ans, je fête le Ramadan. Tout de même, j’étais impatiente d’arriver.

Ngofeen: Khadjou arrived in San Jose jet lagged and ravenous. But when she exited baggage claim and spotted Rhonda, she was grinning ear to ear.

Khadjou: J’ai pensé : « Enfin ! Deux ans plus tard ! » On discutait beaucoup sur Facebook et sur WhatsApp. J’avais l’impression que je la connaissais déjà. Je l’ai prise dans mes bras, et je l’ai embrassée. J’étais si contente !

Ngofeen: Rhonda and Khadjou shared their first meal together, then Rhonda took Khadjou back to her home near San Jose and put her up in her guest room. Soon after, they began the most intensive training regimen Khadjou had ever experienced.

Khadjou: Tous les jours, je m'entraînais avec Rhonda. Le matin, on surfait. L’après-midi, on faisait de la musculation. Quand il n’y avait pas de vagues, on allait à la gym. On ne s’arrêtait jamais. Pour Rhonda, c’était très, très important. Elle me disait : « Si tu veux devenir surfeuse pro, tu dois t’entraîner sérieusement. Tu as du talent, mais il faut aussi beaucoup travailler. »

Ngofeen: Khadjou knew Rhonda was right. And despite the sore muscles, the exhaustion, and the homesickness, she felt lucky. Khadjou was 21, but before Rhonda, no one had ever taken her desire to become a pro surfer seriously. Aside from her grandmother, no one had really encouraged her to follow her dream.

Khadjou: Avant de rencontrer Rhonda, je n’avais personne pour m’encourager. Je surfais seule. Je rêvais de devenir surfeuse pro. Mais je ne savais pas comment faire. Maintenant, grâce à Rhonda, je peux poursuivre ce rêve.

Ngofeen: Rhonda introduced Khadjou to a handful of other black female surfers. The small group would go out to nearby Santa Cruz and catch waves together. For the first time since she was 16, Khadjou experienced what it was like to be in the water with others like her.

Khadjou: C’était un pur bonheur. Mais je me disais : « Pourquoi je ne peux pas faire ça au Sénégal ? Je ne veux pas surfer seulement avec des touristes. Je veux que d’autres filles comme moi surfent aussi. »

Ngofeen: When her six-months visa was up and the time came for Khadjou to return to Senegal, she had made up her mind: she wanted to open a Black Girls Surf school back home.

Khadjou: J’en ai parlé à Rhonda. Elle aimait beaucoup mon idée. On a décidé qu’elle allait venir au Sénégal. On allait faire ça ensemble.

Ngofeen: In early 2020, Rhonda travelled to Dakar to help Khadjou launch the first outpost of Black Girls Surf in Senegal, in a neighborhood near where Khadjou grew up.

Khadjou: On a trouvé un petit endroit sur la plage. Puis on a acheté et réparé des vieilles planches de surf. J’en ai parlé à tout le monde : ma famille, mes amis, les familles du quartier. J’ai dit : « Dites à vos filles de faire du surf avec moi ! » Je pense que les parents ont moins peur quand ils voient d’autres filles faire du surf.

Ngofeen: Khadjou gained quite a bit of popularity in her hometown after her stint in the U.S., so news of her surf camp spread quickly. Pretty soon, a dozen girls had enrolled in the first class of Black Girls Surf Senegal.

Khadjou: J’étais tellement contente. Les choses commençaient à changer ! Maintenant, les filles de N’Gor pouvaient apprendre à surfer. Enfin !

Ngofeen: When the time came for the first lesson, Khadjou led them all out to the beach. She showed the girls how to position their feet on the board, how to bend their knees for balance. Finally, they all paddled out into the water together.

Khadjou: Toutes ensemble, on est allées dans l’eau avec nos planches. C’était la première fois. J’étais tellement contente ! Je dis toujours aux filles : « Il faut avoir confiance en vous. Il ne faut pas avoir peur de la vague. Toutes les filles peuvent faire du surf. Vous serez les futures championnes du Sénégal. »

Ngofeen: As she encourages other girls to go after their surfing dreams, Khadjou continues to pursue her own. She’s making plans to compete in several pro surf tournaments in South Africa and the U.S.. One day she hopes to represent Senegal at the Olympics. God willing, she says in arabic. Inch’Allah.

Khadjou: Aujourd’hui, je veux surfer pour représenter mon pays en tant que femme, en tant que noire, en tant qu’Africaine. Je veux montrer une chose aux filles du Sénégal : elles aussi, elles sont capables de faire ça. C’est mon but. Et j’espère réussir, Inch’Allah, parce que ça aussi, c’est mon rêve.

Ngofeen: Khadjou Sambe is a professional surfer living in Senegal. With the support of her parents and Black Girls Surf, she trains daily under a special regimen developed by coach Harper. Khadjou is currently training to qualify for the next Olympic Games.

This story was produced by Adonde Media’s Lorena Galliot.

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The Duolingo French Podcast is produced by Duolingo and Adonde Media. I’m your host, Ngofeen Mputubwele, à la prochaine!

Credits

This episode includes a recording from tim.kahn under the Creative Commons Attribution Noncommercial License.

This episode was produced by Duolingo and Adonde Media.

Producer: Lorena Galliot
Narrator & Protagonist: Khadjou Sambe
Managing Editor: Natacha Ruck
Mix and Sound Design: Samia Bouzid
Mastering Engineer: Laurent Apffel
Executive Producer/Editor: Martina Castro