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Episode 13: Héros malgré eux (The Unlikely Heroes)

By Duolingo on Tue 10 March 2020

Kilian Belamri’s loitering habits weren’t much appreciated among the residents of his housing project in Malakoff, south of Paris. But when his neighbors found themselves in grave danger late one evening, Kilian and his friends did the unexpected—and became heroes overnight.

How to Listen

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Transcript

Ngofeen: Twenty-one-year-old Kilian Belamri has been hanging out at the same spot for as long as he can remember. It’s just a green patch below a public housing project on the outskirts of Paris, in a low-income area the French call une cité. For Kilian and his friends—that spot is home.

Kilian: Il y a un petit parc en bas de chez moi, à côté de la rue Gambetta. On se retrouve dans ce parc et dans la rue Gambetta presque tous les jours. Même si la police vient et nous dit de partir, on revient toujours. C’est notre endroit.

Ngofeen: Kilian’s spot is in Malakoff, a working-class suburb, or banlieue, south of Paris. The way Kilian sees it, he and his buddies, ses potes, they’re not doing anything wrong just by hanging out—what the French call traîner. They’ve lived in Malakoff their whole lives.

Kilian: Je traîne là, avec mes potes, mon cousin Adam, et mon grand frère Sami. Mon frère Sami a trois ans de plus que moi. En public, avec les gens, il est timide. Mais avec nous, il n'est pas aussi timide. Il parle beaucoup. Il nous fait rire. On se connaît tous depuis qu’on est enfants. On vient tous de Malakoff.

Ngofeen: But for a long time, some of the neighbors weren’t too happy to see Kilian, Sami, and their friends hanging around the street every day.

Kilian: Certains voisins n’étaient pas contents qu’on vienne là tous les jours. Je peux les comprendre. On est des jeunes hommes entre 20 et 25 ans. On traîne tous dans la rue. Parfois, on fait du bruit. Alors quand ils nous voient, ils ont peut-être peur. Mes potes et moi, on aimerait bien avoir un endroit au chaud avec une télévision. Mais on n’a pas d’autre endroit où aller.

Ngofeen: Kilian felt like some folks in the neighborhood were intimidated by him and his friends. But one night, everything changed. In the cold, early morning hours between December 8 and December 9, 2018, Kilian and his friends did the unexpected.

Kilian: Ce soir-là, on était rue Gambetta, comme tous les autres soirs. Et heureusement qu’on était là…

Ngofeen: Bienvenue and welcome to the Duolingo French Podcast—I’m Ngofeen Mputubwele. Every episode, we bring you fascinating true stories to help you improve your French listening and gain new perspectives on the world. The storyteller will be using intermediate French and I’ll be chiming in for context in English. If you miss something, you can always skip back and listen again—we also offer full transcripts at podcast.duolingo.com.

Ngofeen: There’s a building on rue Gambetta, number 36, that’s directly across the street from the spot where Kilian and his friends hang out. Like many of the buildings in the neighborhood, it’s a city-owned housing project.

Kilian: Les gens qui habitaient au 36, rue Gambetta ne nous aimaient pas. Ils disaient qu’on faisait du bruit, et qu’on les dérangeait.

Ngofeen: One time, a hostile resident did more than give them the side-eye.

Kilian: Une nuit, quelqu’un a crié qu’on faisait trop de bruit. Puis cette personne a commencé à jeter des œufs sur nous ! Un de mes potes a reçu un œuf sur la tête. On était très en colère. Si on fait du bruit, il faut simplement nous le dire. Ce n’est pas juste de nous traiter comme ça.

Ngofeen: The egg-throwing only happened once. But residents had another, more common way of trying to get the boys to leave: they called the cops—les flics.

Kilian: Ils ont appelé les flics plusieurs fois. La police n’est pas toujours très juste avec nous. Les policiers cherchent dans nos sacs et nous demandent de partir, même si on n’a rien fait. Parfois, on n’est pas nombreux, mais la police arrive avec quatre ou cinq voitures. Donc quinze flics arrivent pour trois personnes.

Ngofeen: Kilian says he partly understands where the neighbors are coming from. He knows he and his friends can be noisy, and some guys leave trash behind. But to Kilian, calling the cops feels extreme.

Kilian: Je trouve qu’on est beaucoup plus gentils que d’autres jeunes, dans d’autres quartiers. Parfois, dans certains quartiers, les jeunes insultent les habitants, ou ils bloquent le passage. Mais nous, on ne fait pas ça. On ne veut pas de problèmes avec les gens. C’est aussi notre quartier, et notre parc. On a le droit d’être là, comme tout le monde.

Ngofeen: Kilian was born in France and so were his parents. His father’s parents moved to France from Algeria in the 1950s. Though Kilian is proud of his roots, France is the only home he’s ever known.

Kilian: Je ne suis jamais allé en Algérie. J’ai sûrement des cousins là-bas, mais je ne les connais pas. Je connais seulement la France.

Ngofeen: Kilian shares a two-bedroom apartment with his mother and his shy older brother, Sami. Even though Kilian has a Bac Pro, a technical high school degree, in telecommunications, it’s been hard to find work in his field. Instead, he works as a teacher’s aide at a local pre-K school, une école maternelle.

Kilian: J’ai un Bac Pro en télécommunications, mais trouver un travail qui paie bien, ce n’est pas facile. Alors pour le moment, je travaille dans une école maternelle. Je veux faire autre chose, mais je ne sais pas quoi, ni comment. Pour beaucoup de mes amis, c’est la même chose.

Ngofeen: Like many young people living in the banlieues of Paris, Kilian says he and his friends don’t see a clear path forward. Landing a well-paid job or getting a college degree feels almost as inaccessible as their dreams of becoming famous soccer stars or rappers.

Kilian: Je voulais devenir footballeur professionnel. C’était mon seul rêve. Mais maintenant, c’est trop tard.

Ngofeen: One of Kilian’s friends, Kemy, is an aspiring rap musician who goes by the stage name Laskiiz. He writes and performs songs about the neighborhood, Malakoff, and “their” street, rue Gambetta.

Kilian: Kemy filme les clips vidéo de ses chansons, puis il les poste sur YouTube. Certains clips ont plus de 600 000 vues ! Je suis dans plusieurs de ses vidéos, mais on ne me reconnaît pas : je porte un sweat-shirt qui cache mon visage.

Ngofeen: A recent music video, or clip, made by Kemy, was filmed on rue Gambetta, right under the building at number 36. Kilian remembers that day vividly.

Kilian: Beaucoup de jeunes sont venus pour participer au clip de Kemy. Il y avait beaucoup de bruit. Apparemment, des habitants ont eu peur. Ils ont appelé les flics.

Ngofeen: This time, the cops showed up in full riot gear, carrying guns with rubber bullets—des Flash-Ball.

Kilian: lls étaient très nombreux. Ils avaient un gros équipement de protection, et des Flash-Ball. Un flic a crié dans un mégaphone. Il nous a demandé de partir immédiatement. Si on ne partait pas, ils allaient nous tirer dessus. Donc on est partis en courant. On ne voulait pas de problèmes.

Ngofeen: Kilian ran away, but the cops made three arrests that day. Malakoff police later argued that hanging out and playing loud music near private property bothers residents, and amounts to squatting. And, they say, they have to investigate noise complaints.

Kilian: Après ça, il y avait de la tension dans le quartier, c’est vrai. Je peux comprendre les voisins. On a fait du bruit, mais on voulait simplement aider Kemy pour son clip. La musique, c’est son rêve.

Ngofeen: Kilian and his friends continued to meet up at their usual spot—even after the music video fiasco. A year went by, then two. Then late one Saturday night, in December 2018, they were hanging out at the park before heading to a party.

Kilian: Il était tard, environ une heure du matin. On allait bientôt partir. Soudain, quelqu’un dans le groupe a vu quelque chose derrière une fenêtre du 36 rue Gambetta. C’était au dixième étage. Ça ressemblait à du feu.

Ngofeen: At first, the orange glow the boys noticed was pretty dim, so they weren’t sure what it was. They squinted up at it for a few minutes, trying to figure out what was going on. But the glow grew stronger, and soon, flames were licking out of the tenth floor window.

Kilian: Et là, on a compris : il y avait le feu. Tout de suite, on a commencé à courir vers l’immeuble.

Ngofeen: When Kilian and his friends realized a fire was breaking out, they didn’t think twice. They ran to the building to warn the live-in super—le gardien—who lived on the ground floor—le rez-de-chaussée.

Kilian: On savait où était la fenêtre du gardien, au rez-de-chaussée. On a commencé à frapper sur la fenêtre. On criait : « Il y a le feu ! Ouvrez la porte ! Appelez les pompiers ! »

Ngofeen: Le gardien stumbled out of bed and opened his window to shush the boys. He wasn’t happy.

Kilian: Au début, le gardien ne comprenait pas. Il n’était pas très réveillé. Il nous disait : « Mais non, il n’y a pas le feu, c’est ridicule. » Mais on a insisté, et il est sorti pour voir.

Ngofeen: Once the super saw the flames, he immediately called the fire department—les pompiers. He also opened the front door and let the boys in. Without hesitating, Kilian and his friends ran up the staircase to the tenth floor.

Kilian: On n’a pas hésité. Une seule chose était importante : alerter les habitants.

Ngofeen: No fire alarm had gone off, so many residents were still sleeping. The group started banging on apartment doors, shouting “Fire!” Kilian headed straight to the apartment where the fire started.

Kilian: Quand je suis arrivé, la porte était déjà ouverte. J’ai vu un homme sortir avec son père. J’ai pensé : « Ils vont bien. » Derrière eux, c’était comme dans les films au cinéma. Il y avait de la fumée et de grosses flammes. Il faisait très très chaud.

Ngofeen: Once Kilian saw that the residents had safely left the burning apartment, he kept running up—despite the flames, the smoke and the heat. He kept banging on doors. When he reached the 14th floor, a panicked blonde woman stepped outside her apartment with her young children. She locked eyes with Kilian.

Kilian: Elle m’a regardé, et elle m’a dit : « J’ai besoin d’aide ! » Puis elle m’a donné sa fille. J’ai pris la petite fille dans mes bras. Elle avait environ trois ans, et je la connaissais : c’était une élève de l’école où je travaille. J’ai commencé à descendre l’escalier. Quand la petite fille a vu la fumée et les gens qui couraient, elle a commencé à pleurer.

Ngofeen: Kilian carried the crying little girl down to the front door. The air was thick with smoke, and the staircase was crowded with residents running down, feeling their way in the dark. Kilian saw a policeman standing outside and handed him the child. Then he ran back towards the building.

Kilian: Je suis retourné à l’intérieur. Je voulais aider la maman de la petite fille. Elle avait deux autres enfants avec elle. Et elle devait descendre beaucoup d’escaliers.

Ngofeen: On the way up, Kilian saw his brother Sami. Sami was carrying an older resident on his back—a man they’d seen before in a wheelchair—une chaise roulante.

Kilian: J’étais très impressionné. Mon frère Sami n’est pas très sportif. Je ne savais pas qu’il était capable de faire ça ! C’est difficile de porter un homme sur son dos en descendant les escaliers. Cet homme était en chaise roulante… et il habitait au 13ème étage !

Ngofeen: All in all, Kilian and his friends ran up and down the stairs four times, helping people out and making sure all the apartments were empty. Kilian was carrying down another little boy when he heard the fire trucks pull up. By then, everyone had been safely evacuated.

Kilian: Les pompiers sont enfin arrivés. On a attendu dehors, et les pompiers ont éteint le feu. Il y avait beaucoup de fumée, alors les pompiers nous ont examinés. Ils voulaient vérifier que personne n’avait de problème médical. Heureusement, tout le monde allait bien.

Ngofeen: Police had cordoned off the area, and a crowd had formed across the street, staring up at the fire. Kilian gazed up with them: the flames were much bigger now, roaring against the firefighters struggling to contain them.

Kilian: J’ai pensé : « Heureusement, personne n’est mort. »

Ngofeen: Eventually, the woman whose children he’d carried spotted Kilian in the crowd.

Kilian: Elle est venue me voir avec son mari. Ils m’ont dit : « Merci, merci beaucoup. » Ils me serraient la main. Elle m’a reconnu. Elle a dit : « Tu travailles dans l’école de ma fille. » Puis elle s’est présentée : elle s’appelait Hélène. Je voyais qu’elle était très touchée.

Ngofeen: Soon, other people were coming up to Kilian, Sami and their friends, thanking them and congratulating them. The word héros—hero—was used more than once.

Kilian: Le gardien, les voisins, tout le monde venait nous voir pour nous remercier—Sami, Kemy, tous les autres et moi. Tout le monde nous disait qu’on avait beaucoup de courage.

Ngofeen: The man in the wheelchair told everyone who would listen, “I know you wouldn’t think it to look at me, but I weigh over 80 kilos! That boy carried me down 13 floors!”

Kilian: On n’a pas aidé les gens pour qu’ils nous disent merci. Pour nous, c’était naturel. C’était ce qu’il fallait faire…

Ngofeen: In the days that followed the fire, people would stop to say hello to Kilian’s little group in the street, or to thank them. A week after the fire, le gardien of 36 rue Gambetta came to see the young men, to say the residents wanted to organize drinks—un pot—in their honor.

Kilian: Ils ont organisé un pot dans le hall de l’immeuble. Tous les habitants étaient là. Ils nous ont tous applaudis. C’était sincère. Nos parents sont venus. Ils étaient très fiers de nous. On était très contents.

Ngofeen: A local reporter was there, and the next day an article came out in the newspaper Le Parisien about the boys’ bravery and the residents’ gratitude. That sparked a brief flurry of media attention—camera crews came and went, even luring Malakoff’s mayor, la maire, to their little spot on rue Gambetta.

Kilian: Devant les caméras, la maire a dit qu'elle était très fière. Puis elle nous a invités à une cérémonie avec d'autres jeunes de Malakoff pour nous donner un prix.

Ngofeen: Little by little, however, the excitement died down. Life on rue Gambetta gradually went back to normal.

Kilian: Au début, les habitants de l’immeuble nous disaient encore bonjour, ou nous serraient la main. Mais après quelques mois, ça s’est arrêté. Maintenant, ils ne nous parlent plus beaucoup. C’est comme ça. Je pense que c’est normal, l’être humain est comme ça.

Ngofeen: Kilian says the cops left them alone for a while after the fire. But now they have started showing up again to ask them to leave.

Kilian: Pour rire, on dit aux policiers : « Vous savez, sans nous, peut-être que tout l’immeuble aurait brûlé ! » Et ils nous répondent : « Bravo, c’est bien. Mais vous ne pouvez pas rester ici. »

Ngofeen: Hélène, the woman Kilian helped during the fire, has become a staunch advocate for the young men. She wrote a letter to the French president, suggesting they be awarded la Légion d’Honneur, a prestigious French medal. But for Kilian, it’s not about the public recognition—it’s about knowing his own worth.

Kilian: Pour moi, en réalité, rien n’a changé. Ce n’est pas grave : on n’a pas fait ça pour le regard des autres. Le courage, ce n’est pas le fait de prouver quelque chose aux autres. Le courage, c’est quelque chose de personnel.

Ngofeen: Kilian Belamri is a pre-K school aide living in Malakoff, France. Special shout out from him to his entire Malakoff crew: Wech, Sami, Adam, Kemy, Sadio, Tieffily, Biblin, Antony et Steb.

Ngofeen: This story was produced by Lorena Galliot.

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The Duolingo French Podcast is produced by Duolingo and Adonde Media. I’m your host, Ngofeen Mputubwele, à la prochaine!

Credits

This episode includes recordings from klankbeeld, sumsa, craigsmith, shelbyshark, Mxsmanic, ascap, clapclapcinoeil and JFBSAUVE under the Creative Commons Attribution License.

This episode was produced by Duolingo and Adonde Media.

Narrator & Protagonist: Kilian Belamri
Producer: Lorena Galliot
Managing Editor: Natacha Ruck
Sound Designer: Samia Bouzid
Mixing & Mastering Engineer: Luis Gil
Executive Producer: Martina Castro